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PRÉVENIR LA PLAGIOCÉPHALIE OU « TÊTE PLATE » 

  1. Evaluation de l’asymétrie: Observez la tête de votre enfant à partir du dessus (c’est le point de vue le plus efficace pour déceler une asymétrie). Au besoin, consultez dès que possible (les chances de corrections diminuent avec l’âge).

2.  Dodos sur le dos: en cas d’asymétrie, positionnez souvent la tête de votre enfant sur la région arrondie.


3. Lorsqu’il ne dort pas (ÉVEILLÉ ET SOUS SUPERVISION)


  • Position sur le ventre: avec l’accord de votre médecin, dès que le cordon ombilical est tombé et cicatrisé, installez votre bébé sur le ventre plusieurs fois par jours, de quelques secondes jusqu’à 3 périodes de 10 à 15 minutes par jour. Selon sa tolérance et sans pleurs. Alternez les variantes (coussin d’allaitement, rouleau de serviette sous le thorax…).

EXEMPLE: Placez votre bébé sur le ventre avant et après les changements de couche.


  • Positionnement: entre 0 et 3 mois, positionnez souvent votre enfant à 45° sur le côté où le crâne est arrondi. Placez un rouleau derrière son épaule (jusqu’au bassin) du côté de l’aplatissement de son crâne.


4. Repas: Dans vos bras, ajoutez une surface moelleuse (couverture) entre la tête du nourrisson et votre bras. Pour l’usage du biberon, pensez à alterner les positions.


5. Transport dans les bras: Variez les positions de votre enfant (dos contre soi, sac ventral, incliné sur le côté…), favorisez les positions qui vont à l’opposé de ses préférences.


6. Assis: Limitez l’usage du siège auto pour la voiture uniquement. Alignez tête - tronc - bassin en stabilisant l’enfant avec des rouleaux de serviettes de chaque côté, sans interférer avec les attaches du siège. D’un point de vue psychomoteur, évitez de mettre l’enfant assis en général AVANT qu’il ne soit capable de le faire lui-même.


7. Rotation de la tête: Stimulez votre enfant pour l’encourager à augmenter la rotation de son cou du côté où le mouvement est le plus limité (3x10 sec à chaque changement de couche), il est ANORMAL qu’il présente une restriction de mobilité ou un inconfort en bougeant son cou.


8. Stimulation: Stimulez l’utilisation de ses bras et de ses jambes de façon SYMÉTRIQUE (s’il préfère tourner la tête d’un côté, il verra et utilisera davantage celui-ci).


9. Activités: Variez les positions de jeu (à plat ventre, couché sur le côté) pour diminuer le temps passé sur le dos lorsqu’il est ÉVEILLÉ ET SOUS SUPERVISION.


10. Debout: En général, évitez les accessoires de type (youpala, jolie jumper, soucoupe d’éveil…), préférez un tapis d’éveil, dans un parc.


Votre professionnel de la santé est responsable d’adapter ces conseils à la condition unique de votre enfant.


Sylvie LESSARD

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LES MESURES ANTHROPOMÉTRIQUES

Ne prenez pas peur en lisant ce terme scientifique, il ne s’agit que des mesures effectuées sur le crâne de votre bébé!

Elles sont indolores, très rapides à prélever et permettent l’évaluation d’une déformation crânienne, ainsi que sa classification :

- Type de déformation (plagiocéphalie occipitale, plagiocéphalie front-occipitale, brachycéphalie, dolichocéphalie ou encore plagiocéphalie / brachycéphalie combinée)

- Grade de sévérité (normale, modérée, sévère)

- Diagnostic d’exclusion : sténose ? (Sutures crâniennes soudées)

Pour cela, j’utiliserai :

- Un ruban à mesurer pédiatrique (pour prélever le périmètre crânien de votre bébé),

- Un crâniomètre (pour prendre les mesures diagonales, de largeur et de profondeur du crâne),

- Un appareil photo (afin de d’observer la bonne évolution),

- Des échelles d’évaluation : CVAI, CHOA scale (%), Index céphalique (%) (qui permettront de vous positionner et d’objectiver la déformation, puis la progression. D’autre part, avec ces mesures, vous parlerez le même langage que votre pédiatre et la prise en charge n’en sera que meilleure).

Vous l’aurez compris, mon unique conseil sera :

De ne pas attendre de vous rendre chez votre ostéopathe formé en pédiatrie si votre enfant présente un torticolis congénital et/ou une déformation crânienne.

Les mesures seront prises, puis reportées sur les différentes échelles d’évaluation afin d’estimer si votre enfant nécessite une réelle prise en charge ostéopathique.

Si votre maternité propose des soins ostéopathiques, votre bébé sera rapidement pris en charge.

Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à prendre rendez-vous dès la sortie de la maternité.

Gardez à l’esprit qu’à partir du 5ème mois, la marge de manoeuvre diminue grandement pour la prise en charge des déformations crâniennes, car les sutures se referment peu à peu.

Avant toute chose, la prévention est notre alliée !

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DIFFICULTÉS À L'ALLAITEMENT

Sensibilisé à l’allaitement en tant qu’ostéopathe, je pourrai répondre à vos questionnements et vous proposer des solutions pour que ce moment vous soit le plus agréable et naturel possible. J’interviendrai toujours en complément du médecin-pédiatre, de la sage-femme ainsi que de la conseillère en lactation.

À toutes les mamans : vous et vous seule êtes la mieux placée pour savoir comment vous voulez nourrir votre bébé. Aucun jugement ne sera posé et l’accompagnement que je vous propose se fera toujours dans le respect, uniquement avec votre consentement éclairé.

J’aimerai vous parler des difficultés que peut rencontrer la dyade mère-enfant lors de l’allaitement.

La mère :

- Douleurs ressenties : un allaitement bien mené ne doit pas être douloureux.

- Formation de crevasses ou engorgement : des conseils appropriés de positionnements peuvent vous être conseillés pour les éviter.

- Production de lait « insuffisante » : une idée reçue que l’on entend souvent, cependant c’est très rare qu’une mère ne produise pas assez de lait. On retrouve souvent ici, un problème de mise au sein. La lactation doit être stimulée.

- « Echec de l’allaitement » : souvent pour de mauvaises raisons. On veut aller trop vite, on est pressée, on veut réussir, pour soi, pour bébé, pour les autres, parce qu’on est une femme et qu’une femme doit forcément allaiter…gardez à l’esprit que ce n’est pas une course et que votre système est très sensible pendant la grossesse, ainsi qu’après. De nombreux facteurs rentrent en jeu, mais faites vous confiance, vous en êtes capables.

L’enfant :

- Frein de langue / lèvre rendant difficile le mouvement de langue, important dans la prise au sein et le succion.

- Bébé peut avoir du mal à ouvrir la bouche.

- Rotation préférentielle ou manque de mobilité cervicale, souvent des bébés qui prennent un sein mieux que l’autre.

- Réflexe d’éjection fort de la maman, le bébé peut avoir du mal à trouver une position confortable.

- Tension de la loge du cou, palais étroit, bébé qui ne sort pas assez la langue…

L’Ostéopathie dans tout ça ?

L’unique objectif de l’ostéopathe va être d’optimiser le positionnement, la prise au sein et la succion.

Différentes étapes qui vont recruter:

- La zone cervico-thoracique,

- Cervicale supérieure,

- Le crâne,

- La mandibule,

- Le palais,

- Le plancher mentonnier et la loge du cou…

Pour se faire, nous utilisons uniquement des mobilisations douces, qui peuvent très facilement se réaliser lors d’une tétée (au sein ou non). J’accorde de l’importance au travail d’équipe, centré avant tout sur la mère et l’enfant.

La mère peut tout à fait ressentir aussi des inconforts lors de l’allaitement, notamment du fait de la sollicitation importante du rachis dorsal et cervical. L’absence de stress et de douleur favorise la lactation, nous pouvons donc tout à fait vous apporter des solutions, toujours en douceur et à votre écoute.

Bon allaitement à toutes !

Juliette Herzhaft-Le Roy, Marianne Xhignesse, Isabelle Gaboury. Efficacy of an Osteopathic Treatment Coupled With Lactation Consultations for Infants’ Biomechanical Sucking Difficulties: A Randomized Controlled Trial. Journal of Human Lactation 2017, Vol. 33(1) 165–172.

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TOUT TOUT TOUT, VOUS SAUREZ TOUT SUR LES FREINS RESTRICTIFS !

Nous avons tous des freins intra buccaux au niveau :


  • Des lèvres : supérieur et inférieur 

  • Des joues 

  • Et de la langue : partie inférieure 


Ces freins sont en fait des reliquats de fascias qui permettent la mobilité de la langue durant la déglutition et favorisent le bon développement des os de la face, du palais ainsi que des muscles de la bouche et de la loge viscérale du cou.


Il arrive que ces freins soient trop courts et qu’ils impactent alors la fonction de la langue. 

—> On parle alors de freins restrictifs


  • On note une prévalence chez les garçons,

  • Et surtout un facteur génétique et épigénétique ( histoire familiale, facteurs contextuels, de moins en moins de femmes qui allaitent, changement de la morphologie de la mâchoire…)


Tout d’abord, une langue qui fonctionne bien, c’est quoi ? 


Eh bien, c’est une langue qui va pouvoir :


  • Aller sur les côtés

  • Se placer en forme de coupe

  • Toucher le palais,

  • Qui effectue un mouvement de vague (notamment lors de la succion…)

  • Qui a une bonne élasticité

  • Et qui présente un étalement de sa partie antérieure (pas en forme de coeur…)


De nombreux symptômes peuvent nous indiquer un frein restrictif, mais ceux-ci sont peu fiables et nécessitent toujours un diagnostic différentiel (pédiatre, ORL, dentiste…) : 


  • Diminution de la lactation chez la mère,

  • Douleur à la mise au sein,

  • Crevasses, engorgement, canal obstrué, 

  • Vasospasme (bébé qui pince le sein)

  • La prise de poids diminue,

  • Le bébé a souvent le hoquet, 

  • Mauvais sommeil, pleurs fréquents,

  • Mycose buccale, 

  • Reflux, coliques,

  • N’aime pas le Maxi-Cosi

  • Ne prends pas le biberon, 

  • Claque sa langue,

  • Présente un torticolis 

  • Une petite ouverture de bouche, 

  • Une respiration bruyante…


Des symptômes tardifs peuvent aussi être observer dans le cas d’un frein restrictif qui n’a pas été traité (les enfants grandissent et compensent leur manque de mobilité linguale) :


  • Migraines,

  • Malposition dentaire, 

  • Problème articulaire, 

  • Refus de l’alimentation solide, 

  • Aversion orale,

  • Douleur dans le dos, la nuque,

  • Mauvais sommeil, 

  • Otite moyenne aigüe,

  • Bruxisme, 

  • Allergies,

  • Amygdales hypertrophiées,

  • Réflexes nauséeux très présents.


Que faire dans les cas d’un frein restrictifs ? 


La frénectomie est souvent proposée, et elle est nécessaire. Cependant, gardez à l’esprit qu’elle n’est que la partie visible de l’iceberg. Pour qu’une frénectomie soit efficace, il faut préparer votre enfant avant et l’accompagner après, pour que la langue retrouve toutes ses fonctions rapidement. 


Orientez-vous vers votre pédiatre, votre ORL ou votre dentiste. C’est lui qui s’occupera d’effectuer la frénectomie aux ciseaux ou au laser (aucune différence). C’est un acte rapide, qui occasionnera une gêne légère les quelques jours suivant l’acte, mais qui sera réellement bénéfique :


  • Au bon développement crâniofacial de votre enfant, 

  • Au bon fonctionnement de son appareil buccal,

  • Et vous pourrez reprendre très certainement votre allaitement, en toute sérénité.


Qu’est ce l’ostéopathie peut apporter ? 


L’ostéopathe interviendra toujours en complémentarité, avant et après la frénectomie.


Avant, 

  • Pour préparer bébé à l’acte (relâcher les tensions intra buccales et du plancher mentonnier),

  • Lever les possibles compensations que bébé a mis en place (crâne, cervicales, thorax…)


Par la suite,


  • Stimuler la langue, 

  • Proposer des exercices de rééducation, 

  • Accompagner l’adaptation à cette nouvelle langue,

  • Optimiser sa fonctionnalité,

  • Reprendre le travail du crâne dans le cas d’une plagiocéphalie,

  • Accompagner la remise au sein…